Yaël Naim

Consacrée (tardivement) à l'automne 2007, avec son tube « New Soul », Yaël Naim (née en 1978) n'est pourtant pas une novice dans le monde de la musique. Du classique à la pop, d'Israël à la France et des comédies musicales à grand spectacle à la carrière solo en passant par quelques groupes, son parcours musical a connu des aventures avant que son talent soit enfin reconnu et récompensé. En 2007, son deuxième album Yael Naim la consacre comme une révélation couronnée d'une Victoire de la musique (dans la catégorie « musiques du monde »). Peu atteinte par ce succès massif, la musicienne poursuit l'exploration de son univers musical sur les albums She Was a Boy (2010) et Older (2015), toujours confectionnés avec son partenaire David Donatien.

Encore enfant, après avoir vu le film de Milos Forman Amadeus, Yael Naim débute au piano, souhaitant écrire des symphonies. Elle passera dix ans au conservatoire. Entre-temps, la jeune fille découvre à douze ans les disques de son père, notamment Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band et Abbey Road des Beatles. Plus tard, c'est Aretha Franklin, puis Joni Mitchell qu'elle écoute, avant de frayer avec le jazz, se produisant sur scène avec les musiciens de Wynton Marsalis. Soit un panaché de styles (pop, soul, folk, jazz) variés dont l'influence se fera sentir plus tard.


En 2004, elle fait la connaissance de David Donatien, percussionniste professionnel depuis une quinzaine d'années ; cette rencontre sera décisive pour la carrière de Yael Naim. Celui-ci a collaboré avec des artistes au style musical très divers, tels que Bernard Lavilliers, Julien Baer, Sally Nyolo ou Wasis Diop, mais tout comme la jeune chanteuse, il aimerait développer un projet personnel. Durant plus d'un an et demi, tous les deux travaillent et affinent les morceaux qui fourniront la matière de l'album à venir, Yael Naim. L'intervention de David Donatien, multi-instrumentiste, est capitale, qui incite Yael Naim à chanter en hébreu et, surtout, étoffe ses compositions, initialement dépouillées (guitare/chant, piano/chant), donnant ainsi forme à son univers, avec une grande variété de sonorités (cuivres, bruitages, violoncelle, kalimba, flûte, ukulélé, mellotron, etc.).


Tous deux enregistrent l'album dans l'appartement de Yael Naim, avec l'aide de musiciens chevronnés : le guitariste Gary Lucas (collaborateur de Captain Beefheart, Jeff Buckley, John Zorn, Patti Smith, Iggy Pop, Chris Cornell...), le batteur et pianiste Xavier Tribolet (Bernard Lavilliers, Sanseverino) et le bassiste de jazz Laurent David (Erik Truffaz, Didier Lockwood). Aidé par l'impeccable single « New Soul », l'album Yael Naim, qui sort en octobre 2007, remporte un succès immédiat. S'il s'agit du deuxième album de la chanteuse, il est souvent présenté comme étant le premier, son absence de titre en faisant d'ailleurs presque un manifeste. C'est que Yael Naim considère celui-ci comme étant son premier « vrai » album, lequel consacre la chanteuse, âgée de 29 ans. Dans la foulée, elle donne des concerts à guichet fermé, notamment à la Boule Noire (Paris), où elle joue du 23 novembre jusqu'au 8 décembre 2007.


Fin janvier 2008, elle se lance dans une tournée française, avec trois dates prévues à la Cigale (Paris), du 7 au 9 avril. Nominée aux NRJ Music Awards dans la catégorie « Révélation française de l'année 2007 », elle est l'une des deux favorites avec Christophe Willem. L'année 2008 est celle de la consécration, avec une l'obtention d'une Victoire dans la catégorie  « Musiques du monde ». Yael Naim ne se contente pas de louanges et continue d'affirmer son univers avec l'album She Was a Boy, sorti en 2010 et précédé du simple « Go to the River ». Si ne s'agit pas d'un nouveau triomphe commercial, les ventes de celui-ci sont néanmoins honorables. Il faut ensuite attendre cinq ans avant de retrouver la musicienne faisant peau neuve et son fidèle collaborateur David Donatien dans Older et les simples qui accompagnent l'album, « Dream in My Head » et « Coward », avant son lancement en mars 2015.


Après 15 ans de carrière et trois tournées mondiales, Yael Naim revient, début 2026, avec son cinquième album studio, Solaire, le plus surprenant et ambitieux de sa discographie. Avec cette œuvre audacieuse et inattendue, Yael Naim ouvre un chapitre inédit de sa carrière, marqué par une quête profonde d’indépendance artistique et de liberté de pensée. Entièrement écrit, composé et réalisé par elle, ce disque reflète un engagement total : celui d’une artiste qui ose, explore, se réinvente — et surprend par les nouvelles directions qu’elle emprunte, tout en restant profondément elle-même. Porté par une production mêlant sonorités électroniques et orchestrations classiques, l’album évolue dans des paysages sonores à la fois vastes et épurés, ponctués de textures délicates et de silences habités. Il en résulte une œuvre aussi sensible que ambitieuse, où l’intime rencontre le grandiose, et où la voix singulière de Yael résonne avec une intensité rare. Il marque un tournant dans la trajectoire de Yael Naim, qui s’affirme plus que jamais comme poétesse, compositrice et productrice innovante et indépendante.