Dans ce nouvel essai, Valérie Rey-Robert avance une hypothèse centrale simple et dérangeante : la culture du viol n’est pas seulement sexiste, elle est aussi raciale. Depuis des siècles, la peur du viol fonctionne comme un outil de hiérarchisation des corps masculins : alors que l’homme blanc se définit comme civilisé, maître de soi et respectueux des femmes, l’homme racialisé est construit comme l’incarnation même du danger. C’est une fabrication historique, politique et culturelle toujours à l’œuvre aujourd’hui.
Le livre retrace la généalogie de cette construction à travers trois figures — le Juif, le Noir, l’Arabe ou le musulman —, des chroniques de croisade aux débats contemporains sur les OQTF, en passant par la propagande nazie et les dossiers Epstein. En montrant comment s’articulent racisme et violences sexuelles dans l’imaginaire collectif, Valérie Rey-Robert défend l’idée que féminisme et antiracisme ne peuvent pas être menés séparément sans que chacun ne perde une part de sa lucidité.
Cette rencontre sera l’occasion de discuter des enjeux de cet essai et de ses implications pour les luttes contemporaines contre les violences sexuelles et le racisme.
Valérie Rey-Robert est autrice et militante féministe. Elle a publié Une culture du viol à la française (Libertalia, 2020) et Le Sexisme, une affaire d’hommes (Libertalia, 2020).