Entre 1934 et 1938, les gauches s’unissent en France pour répondre à une double menace : une grave crise du capitalisme et la montée du fascisme. Le Front populaire reste associé à de grandes conquêtes sociales – congés payés, semaine de quarante heures, conventions collectives – arrachées dans un rapport de force intense entre travail et capital.
Mais cette période est aussi traversée de contradictions : les gouvernements cèdent aux impératifs de la défense nationale, choisissent de ne pas intervenir en Espagne face au soulèvement franquiste et ne remettent pas en cause l’ordre colonial. Loin des images d’Épinal, Ludivine Bantigny propose une lecture lucide et sensible de ce moment, nourrie de plusieurs années de travail en archives. Elle montre comment le Front populaire peut éclairer nos propres combats, entre aspirations à une vie digne et pressions économiques et autoritaires toujours renouvelées.