De la rencontre amoureuse à l’amour contrarié, l’artiste argentine interroge le colonialisme, la culpabilité et la nécessité de remettre en cause ce qui habite en elle : son regard occidentalisé, ses illusions de réparation et sa soif de sauver l’autre.
Tout commence par un projet de sauvetage mutuel. Confrontée à la solitude, Marina Otero entreprend un voyage à Tanger avec l’idée de secourir un homme en l’épousant, et en lui donnant des papiers et une vie en Europe. De cette histoire, elle aspire à créer une œuvre d’autofiction ; mais sa rencontre avec Ayoub bouleverse tout. L’idée abstraite d’un projet de salut mutuel se brise au contact du réel et laisse place à un spectacle où l’histoire intime se double d’une dénonciation sociale radicale.
Marina Otero choisit de nommer son spectacle AYOUB, prénom très répandu dans le monde islamique et porté par des centaines d’enfants tués par l’État sioniste d’Israël à Gaza. AYOUB devient ainsi le symbole d’une réalité marquée par la violence et la souffrance en Palestine, établissant un parallèle entre histoire personnelle et tragédie collective.
la presse en parle
« Une démonstration inexorable, courageuse et incommode qui, chez Marina Otero passe par la parole, naturellement, mais aussi la vidéo, le chant ou la danse, sauvegardant de la sorte quelques moments de grâce, à l’exemple de ce sac de frappe rempli de farine duquel, sous les coups, se dégagent des particules formant une brume prête à envelopper les âmes meurtries. »
— Libération, Gilles Renault (07/06/2026) 
« L'éloquence de Marina Otero est parfaite : le ton, le rythme, la cadence, la précision du message. Son point de vue et son expérience de migrante, ainsi que ce qui s'éveille en elle lorsqu'elle réfléchit à son rôle de sauveuse occidentale blanche d'un faux oriental... »
— En Platea, Ismael Lomana (25/02/2026) 
« AYOUB de Marina Otero fait basculer l'autofiction vers la dénonciation politique : le spectacle s'ouvre sur une scène évoquant l'autocensure "programmable" et, à l'aide de mots incisifs et de documents d'achives [...], construit une conférence performative agile. Il interpelle sans chercher la provocation et cristallise une vérité dérangeante. »
— El Pais, Mercedes L. Caballero (15/11/2025) 
« Marina Otero fait, avec AYOUB, le récit d’une histoire d’amour contrariée à Tanger percutée par Gaza, le colonialisme et ce qu’un prénom peut porter. Aux côtés d’Ibrahim Ibnou Goush, l’Argentine installée à Madrid compose son œuvre la plus politique, sans renoncer à l’impudeur qui la définit. Magistral. »
— Le Club de Mediapart, Guillaume Lasserre (07/06/2026) 
« Par le biais de l’autofiction, dont elle a fait son identité artistique avec Fuck Me, Love Me et Kill Me, elle s’engage ici dans un tout autre rapport. Son expérience personnelle reste la nourriture première de son écriture, de préférence lorsque celle-ci la place au-dessus d’un précipice. Mais pour cette nouvelle création, exit la première personne, au profit d’une autre histoire, qui la dépasse largement, et le public européen avec. »