Thierry, acteur amateur, est déficient visuel depuis près de quarante ans. Chaque soir, il s’aventure sur le chemin tortueux de sa mémoire sans image pour reconstituer sur scène, avec deux comédien·nes professionnel·les, un spectacle qui l’a bouleversé mais dont il ne se souvient ni du titre, ni du nom des personnages. Sur un plateau épuré, la frontière entre réalité et fiction s’efface : en cherchant à se souvenir, Thierry invente aussi son propre récit.
Lorraine de Sagazan et Guillaume Poix questionnent la capacité du langage à se substituer au monde visible. Autrement dit, à voir autrement.
la presse en parle
« La très subtile écriture de Guillaume Poix permet de tisser le réel et la fiction au point de les dissoudre totalement. Mieux, il agrandit le champ des possible avec cette double matière (la biographie de Thierry et l’invention théâtrale). »
— Théâtre(s), Nadja Pobel (2021) 
« Dans La Vie invisible, forme brève et dépouillée, se joue un acte psychomagique dont la charge émotionnelle doublonnée par le Stabat mater dolorosa de Pergolèse explore l’avant et l’après, l’en deçà et l’au-delà du drame d’une vie (…). La parole intime de Thierry n’est pas qu’un effet de réel dans le présent théâtralisé, car en dévoilant sa part d’ombre, elle déploie, comme à perte de vue, son immense pouvoir consolateur, qui affirme : veni, vidi, vixi : je suis venu, j’ai vu, j’ai vécu. »
— I/O Gazette, Matthias Daval (2022) 
« Comme avec Ibsen, Tchekhov ou Norén, auteurs qu’elle affectionne particulièrement, la metteuse en scène utilise ici le théâtre dans sa capacité à représenter le réel tout en donnant accès à des mondes cachés. Dans une mise en scène simple, dépouillée, où les changements d’énonciation (…) se font avec fluidité, se développe ainsi un spectacle touchant et original, où l’illusion côtoie avec bonheur la plus grande théâtralité. »
— La Terrasse, Eric Demey (2021) 
« Il y a dans La Vie invisible du mystère, du suspens, des tragédies, de l’humour, de l’amour, des souffrances profondes, et surtout en Thierry Sabatier, une force morale qui irradie et lui donne une présence magnifique. »
— lejournaldarmellehéliot.fr, Armelle Héliot (2022) 
« Conçu pour pouvoir aller au plus près de nouveaux publics, pour être facilement mobile, la belle et épurée mise en scène de Lorraine de Sagazan s’attache à l’essentiel, à la force du récit, à la personnalité chaleureuse de Thierry Sabatier, à la présence intense des deux comédiens. Avec peu, elle donne vie à tout un monde, à une famille, à une pièce, à la possibilité du pardon salvateur. »
— L'Œil d'Olivier, Olivier Frégaville-Gratian d’Amore (2020) 